CERN Accelerating science

Geneviève Guinot et la diversité, un travail de longue haleine !

A notre arrivée à son bureau, Geneviève Guinot nous accueille en souriant un verre d’eau à la main, ses yeux trahissent un esprit vif, où les idées fusent. Passionnée par son travail, on découvre l’énergie qui l’anime ainsi que la diversité des missions qu’elle accomplit.

La diversité, parlons-en. Un sujet crucial pour le CERN et un combat de tous les instants qu’elle a mené durant 4 ans, de 2014 à 2018.

Association du personnel : En résumé, quelles ont été les réalisations du bureau de la diversité pendant ces quatre dernières années ?

Geneviève Guinot : Le travail le plus visible a été celui qui fut mis en œuvre à l’occasion de la dernière révision quinquennale*, avec entre autres: la reconnaissance d’une nouvelle structure familiale avec des traitements identiques que l’on soit marié ou en partenariat, l’amélioration de la politique familiale avec la mise en place d’un congé parental élargi, le développement du soutien pour aider les conjoints à accéder à des opportunités d’emploi, mais aussi le développement du télétravail et la modification du système de congé épargné. Cela a changé les politiques, et les mentalités aussi.  

D’autre part, nous avons développé des réseaux en Europe, en particulier avec l’EIROforum pour promouvoir la diversité et la représentation féminine dans les sciences. Les sujets de la diversité sont de plus en plus présents dans la société et les entreprises, et cela a son influence sur l’Organisation. Je pense que le travail que nous avons réalisé a aussi sa part d’influence. Un vrai changement s’est opéré : je vois par exemple aujourd’hui une vraie coopération entre le groupe “Education, Communication and Outreach”, des membres du personnel, en particulier des physiciennes et ingénieures très engagées sur ces questions, et le bureau de la Diversité pour l’organisation d’événements afin d’encourager les jeunes filles en âge scolaire à s’intéresser aux sciences.

Nous avons répondu également à des situations spécifiques notamment sur la question du handicap, un travail de longue haleine qui nécessite une coordination avec différents groupes du CERN pour traiter à la fois des aspects d’ergonomie, de sécurité et santé au travail, et techniques. Ce travail de terrain me plait beaucoup et l’impact pour les personnes concernées et les équipes est énorme.

AP : Pourrais-tu nous citer un fait qui t’a marqué et dont tu es fière aujourd’hui ?

GG : A mon arrivée au CERN, la violence verbale qui pouvait s’exprimer dans certaines réunions me choquait. Je suis donc particulièrement fière du travail qui fut réalisé par le département HR, et toutes les personnes concernées, pour donner naissance à l’actuel code de conduite du CERN.

L’accompagnement des personnes en longues maladies (cf. circulaire administrative 14) a aussi été considérablement amélioré avec la mise en place d’un suivi régulier et pluridisciplinaire afin de les aider à reprendre le travail rapidement, même à temps partiel.

Pour finir, je voudrais mentionner le travail sur le fait religieux qui a permis de définir la position de l’Organisation sur le sujet. Un travail complexe qui a signifié beaucoup de discussions à tous les niveaux. Il a été mené aussi en partenariat avec l’Association du Personnel et des représentants des utilisateurs et des secteurs, pour porter la voix des superviseurs du CERN qui sont confrontés au quotidien aux réalités du terrain. En une seule phrase pour résumer la position de l’Organisation: La religion est une affaire privée.

AP : Y a-t-il des choses que tu regrettes de ne pas avoir eu le temps ou les moyens de réaliser avant le passage de main ?

GG : Oui, il y a une étude qualitative et quantitative que j’aurais aimé mener sur les jeunes femmes dans la science. Pourquoi perdons-nous les femmes avant qu’elles candidatent sur des postes de titulaires ? Nous voyons la proportion de femmes augmenter dans le groupe des étudiants et boursiers, mais ces bons chiffres ne se concrétisent pas dans la catégorie des titulaires. Pourquoi ? Le CERN est-il attractif pour les femmes ? Notre environnement de travail est-il adapté ? Paradoxalement, une fois que les femmes deviennent titulaires, les chiffres ne permettent pas de détecter de discrimination particulière dans leur progression de carrière.

 

Geneviève a passé le flambeau à Louise Carvalho le 1er juillet qui devient responsable du bureau de la Diversité. L’AP a eu plaisir à travailler avec Geneviève sur les thématiques de la diversité, nous lui souhaitons un grand succès dans ses nouvelles responsabilités, en tant que Chef de groupe de la Rémunération et des Prestations. On va vite se revoir !

*http://diversity.web.cern.ch/5-yearly-review-diversity-measures-overview-changes

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